Meurtre à Noisy-le-Sec: un policier est renvoyé devant les assises

 

22 octobre 2014 | Par Louise Fessard - Mediapart.fr

Le gardien de la paix Damien Saboundjian, qui a tué Amine Bentounsi le 21 avril 2012, à Noisy-le-Sec, est renvoyé devant les assises pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner». L'enquête détaille l'ampleur des solidarités policières et politiques mises en place.

Amal Bentounsi : Nous ne pouvons pas nous réjouir de cette requalification des faits, de passer "d'homicide volontaire" à "violence volontaire ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner" qui pour moi est une déqualification des faits. 

Permettez-moi de rester dubitatif quant à la raison pour laquelle ce magistrat ne peut maintenir homicide volontaire, du simple fait qu'un expert balistique puisse dire " il est probable qu'un homme peut se retourner en une seconde"où en vue de tous les éléments à charge contre ce policier, autopsie qui démontre que la balle est bien rentré par la région dorsale, que vous avez six témoins qui affirment que mon frère ne s'est jamais retourné et qu'il était de dos, les nombreux mensonges dans la déposition de ce policer et de ces collègues, la manipulation de celui-ci, des propos qu'il a pu tenir notamment sur les écoutes téléphoniques, que ce même policier est obtenu la note de 27 sur 30 à une cour de tir 1 semaine avant les faits, qu'il y a eu 4 tirs qui ont été tirée, et bien d'autres tellement les incohérences sont énormes. cette affaire est l'exemple même quand un magistrat a le courage de faire une enquête de fond et que pendant 2 ANS et demi, on a une petite lueur d'espoir on se rend compte avec cette décision de requalifier les faits, ce magistrat a céder à la pression des syndicats policiers, à la pression du procureur, qui ne l'oublions pas travail en étroite collaboration avec la police, à la pression politique de la part de nos dirigeants qui s'immiscent dans cette affaire et d'autres.

Une démonstration magistrale que la justice n'est pas impartiale, une démonstration de toutes ces magouilles et arrangements entre police et politique, une démonstration de ne pas être dans un pays de droit, une démonstration d'injustice et de mensonges, une démonstration qu'un justiciable policier est au-dessus des lois, une démonstration que d’être policer c'est aussi la possibilité depouvoir tuer en toute impunité.

https://www.youtube.com/watch?v=jM2B0Mf3IyU

Pour toutes ces raisons nous continuerons à plus nous taire.

Rendez-vous à la cour d'assise.

 

Sortie du livre "permis de tuer" le 11 septembre 2014


Permis de tuer, 192 pages, 10 euros
Disponible le 11 septembre en librairie

En France, la peine de mort a été abolie en 1981, mais le
permis de tuer existe toujours. Les violences policières et
les crimes policiers rythment la vie des bidonvilles et des
quartiers populaires depuis des dizaines d’années. Avec plus
de dix morts connus par an, leur actualité demeure brûlante.
Donner un chiffre exact s’avère difficile, mais nous savons
que plusieurs centaines de morts ont été recensées au cours
des trente dernières années. Dans cet ouvrage, six histoires
de luttes récentes pour établir la vérité et obtenir justice sont
rassemblées. Elles sont racontées directement par les proches
de personnes mortes entre les mains de la police républicaine.
Par ces parents, ces frères et soeurs, ces amis, confrontés
au mur de silence étatique et à la souffrance, qui ont la force de
s’exprimer et le courage de se mobiliser.

Table des matières

« Permis de tuer » / Collectif Angles Morts
« On va faire le procès de la police » / Samir Baaloudj avec Nordine Iznasni
« Si la france acceptait de reconnaître ses crimes, tous ses fondements
s’écrouleraient » / Comité vérité et justice pour Lamine Dieng
« On a beau faire, la justice en France, ça n’existe pas » / Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi avec Mogniss H. Abdallah
« Ils nous traitent comme des sous-hommes » / Farid El-Yamni
« Tous les quartiers désunis se sont réunis », Marwan Brahmiya et Celik Ilter
« Il faut créer un véritable rapport de forces » / Amal Bentounsi
« La justice est morte, elle ne va que dans un sens » / Comité Justice pour Lahoucine Aït Omghar
« Le bras armé des classes dominantes » / Mathieu rigouste