01-02-13 Non-lieu confirmé dans l'affaire Ali Ziri un retraité, mort après un contrôle de police

 

 

Non-lieu dans l'enquête sur la mort d'Ali Ziri

 

PAR LOUISE FESSARD

ARTICLE PUBLIÉ LE MERCREDI 17 OCTOBRE 2012

Vie et mort d'un chibani, c'était le titre d'un excellent

 

documentaire

de France Inter consacré à Ali Ziri,

un retraité algérien de 69 ans, décédé à l'hôpital le

11 juin 2009, deux jours après son interpellation par

la police à Argenteuil. Trois ans plus tard, le juge

d'instruction vient de rendre une ordonnance de nonlieu

dans l'enquête sur ce décès, estimant qu’aucune

charge ne pouvait être retenue contre les policiers et

l’hôpital.

Une information judiciaire avait été ouverte en 2009

pour

« homicide involontaire et violences volontaires

ayant entraîné la mort sans intention de la donner

 

par personne dépositaire de l'autorité publique »

.

En décembre 2011, le procureur de la République

de Pontoise avait requis un non-lieu, qu'a donc

suivi, le 15 octobre 2012, Jean-Marc Heller, le viceprésident

chargé de l'instruction au tribunal de grande

instance de la même ville. Selon l'ordonnance de Jean-

Marc Heller, l'enquête

« n'a établi aucun acte de

violence volontaire qui aurait été la cause directe ou

 

indirecte du décès de M. Ali Ziri, ni aucune faute

 

directe ou indirecte imputable à quiconque qui aurait

 

involontairement causé sa mort »

.

Une expertise, ordonnée par le même Jean-Marc

Heller, avait pourtant conclu en avril 2011 que l'arrêt

cardiaque d'Ali Ziri était lié à

« un épisode hypoxique

(une diminution de la quantité d'oxygène apportée

aux tissus - ndlr)

en rapport avec les manoeuvres

d'immobilisation et les vomissements réitératifs »

.

Confirmant ainsi un précédent rapport médico-légal,

réalisé en juillet 2009 par l'ancienne directrice de

l'institut médico-légal de Paris, qui indiquait qu'Ali

Ziri, fortement alcoolisé ce soir-là, était décédé

«

d'un arrêt cardio-circulatoire d'origine hypoxique par

 

suffocation multifactorielle (appui postérieur dorsal,

 

de la face et notion de vomissements) ».

Cette autopsie

avait en effet montré une vingtaine d'hématomes sur

le corps d'Ali Ziri, pouvant

« correspondre à des

lésions de maintien »

, ainsi que des signes d'asphyxie

mécanique des poumons.

Schéma montrant les multiples hématomes découverts

sur le corps d'Ali Ziri lors de l'autopsie.

 

« Les conclusions de ces deux expertises sont

 

complètement ignorées dans l'ordonnance de nonlieu

,

remarque M

e Stéphane Maugendre, l'avocat des

proches d'Ali Ziri, qui vivent en Algérie.

On se

demande bien pourquoi on ordonne des expertises,

 

qui plus est confiées aux experts français les plus

 

chevronnés, pour ensuite ne pas en tenir compte. »

 

Pour l'avocat, c'est la technique policière du pliage,

consistant à plaquer le torse du prévenu sur ses genoux

en exerçant une pression,

« qui est à l'origine de

l'asphyxie ayant conduit au décès d'Ali Ziri ».

 

« Mascarade »

 

Au cours de leurs auditions par l'IGPN, les policiers

d'Argenteuil avaient reconnu avoir utilisé cette

technique durant le trajet vers le commissariat pour

contenir Ali Ziri et Arezki Kerfali, son ami de 61

ans également arrêté quelques minutes plus tôt en état

d'ivresse.

« Face à l'agitation de M. Ziri, je me suis