Tué par des policiers

La condamnation est confirmée en appel. Les policiers impliqués dans la mort de Hakim Ajimi écopent de peines de prison avec sursis. Cet habitant de Grasse est décédé lors de son  interpellation en 2008. Les proches de la victime se disent soulagés.


 

Hier lundi, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a appuyé la condamnation en première instance de deux policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) de Grasse (Alpes-Maritimes) à 18 et 24 mois de prison avec sursis et d'un policier municipal à six mois avec sursis. Un soulagement pour l’entourage de Hakim Ajimi.

La cour a d’ailleurs également élargi le nombre de personnes pouvant bénéficier de dommages et intérêts à des membres de la famille de Hakim Ajimi. Ils n'avaient pas été inclus en première instance.

 

Il ne résiste pas, inconscient

L’affaire remonte au 9 mai 2008. Abdelhakim Ajimi, que ses amis et sa famille appelaient Hakim, est mort à Grasse après avoir été maîtrisé par des policiers lors de son arrestation. Le jeune homme est interpellé dans la rue alors qu'il vient d'avoir une altéracation avec son banquier.

Très vite, l'arrestation se transforme en une bagarre extrêmement violente, le jeune homme refusant d'obtempérer. Hakim Ajimi se retrouvera au sol, menotté aux pieds et aux mains, maintenu par trois policiers. Lorsqu'il est relevé et traîné par les pieds jusqu'à une voiture de police-secours, au moins 11 témoins indiquent qu'il ne résiste plus et paraît inconscient. Trois personnes remarquent son visage bleu ou violacé, signe d'un manque d'oxygène. Il meurt probablement durant la minute de transport jusqu'au commissariat, sans qu'aucun policier ne s'en rende compte.

 

Des policiers mobilisés en soutien à leurs collègues

Il y a un peu moins d’un an, les deux policiers de la BAC ont été reconnus coupables d'homicide involontaire et le policier municipal de non-assistance à personne en danger par le tribunal correctionnel de Grasse. A l’annonce de ce jugement, 200 policiers de Grasse, de Cannes, Antibes, Cagnes-sur-Mer et Nice s'étaient rassemblés devant le commissariat de Grasse pour marquer leur soutien à leurs collègues.

 

Un pourvoi en cassation ?

Aujourd’hui, l’affaire n’est pas pour autant terminée. Les avocats des policiers ont indiqué que leurs clients envisageaient déjà un pourvoi en cassation. Ils se basent sur le fait que la compression de la cage thoracique, qui est la cause du décès de Hakim Ajimi, est un geste totalement réglementaire qui est enseigné à l'école de police.

 

La France condamnée pour cette technique d’interpellation

Dans un rapport publié en décembre 2011, Amnesty International a précisément dénoncé certaines méthodes de contrainte utilisées par les forces de l’ordre qui font courir de graves dangers aux personnes arrêtées voire qui  aboutissent à des homicides volontaires ou à des meurtres.

Cette « technique d’interpellation » a valu à la France une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme, en 2007, pour une affaire qui s’était produite à Toulon, en 1998 : la mort de Mohamed Saoud. Le père de Hakim Ajimi envisage d’ailleurs de solliciter cette même Cour Européenne des Droits de l’Homme pour faire interdire la clé d’étranglement.

 

http://www.lecourrierdelatlas.com/413512022013France-Affaire-Hakim-Ajimi-peines-de-prison-confirmees-pour-les-policiers.html