LAMINE DIENG MORT PAR ETOUFFEEMENT DANS UN FOURGON DE POLICE LE 17 JUIN 2007

http://atouteslesvictimes.samizdat.net/

France : N'oublions pas le cinquième anniversaire de la mort de Lamine Dieng

Lamine Dieng© Private
Lamine Dieng© Private

[22/06/2012]

Lamine Dieng, Français d’origine sénégalaise, avait 25 ans quand il est décédé le 17 juin 2007 suite à son interpellation par des agents de police à Paris. C’est l’un des cinq cas de personnes mortes aux mains de la police en France relatés par Amnesty International dans son rapport « France. Notre vie est en suspens. Les familles des personnes mortes aux mains de la police attendent justice », publié en novembre 2011.

Rappel des faits 

Dans la nuit du 17 juin 2007, trois policiers se sont rendus rue de la Bidassoa, dans le XXe arrondissement de Paris, à la suite d'un appel téléphonique signalant une altercation dans un hôtel. D’après leurs témoignages, c’est là qu’ils ont retrouvé Lamine Dieng pieds nus, allongé sous une voiture.

Selon eux, il était très agité et a commencé à s'extraire de sa position. Les policiers ont décidé de l’immobiliser, mais il a résisté et les a bousculés tous les trois. Ils ont alors appelé des renforts. Deux autres policiers sont arrivés quelques minutes plus tard, suivis d'un capitaine et d'un lieutenant. Lamine Dieng a été immobilisé par cinq policiers, face contre terre, les mains menottées dans le dos (le bras droit passé par-dessus son épaule) et les pieds entravés par une sangle. Il a ensuite été transporté dans un car de police, où on l’a placé dans la même position.

Le capitaine de police s’est alors rendu compte que Lamine Dieng ne bougeait plus. Arrivés sur place, les pompiers et le SAMU ont tenté en vain de le ranimer.

La famille de Lamine Dieng n’a été informée de sa mort que 36 heures plus tard.

Une procédure judiciaire qui piétine

Le 22 juin 2007, la famille de Lamine Dieng s’est constituée partie civile devant le tribunal de grande instance de Paris.Cinq ans après, tandis que l’enquête piétine, les proches attendent toujours de savoir ce qui s’est passé et espère que justice sera rendue.

 Toute la famille est dans le même état d’esprit depuis cinq ans. On est tous en souffrance, on vit dans l’attente, dans l’attente de la justice tout simplement, parce que tant qu’il n’y a pas cette justice on ne peut pas faire notre deuil. 
Ramata Dieng, soeur de Lamine Dieng

Saisie du dossier, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), qui constituait alors le mécanisme de surveillance de la police, affirme sans ambiguïté que la mort de Lamine Dieng a été provoquée par une « contention inadéquate ». Toutefois, à la connaissance d’Amnesty International, aucune procédure disciplinaire n’a, à ce jour, été entamée contre les policiers qui ont procédé à l’interpellation.

Cette affaire illustre les défaillances structurelles constatées dans ce type de dossier mettant en cause des membres des forces de l’ordre, sur le plan des enquêtes comme sur celui de l’obligation de rendre des comptes.

Bien cordialement.

Urgence notre police assassine