Extrait entretien avec http://www.etatdexception.net/?p=4066

Cela fera bientôt un an qu’Amine a été tué, vous comptez organiser quelque chose à cette date ?
 
Pour rappeler qu’un homme – mon frère – a été tué, une mobilisation est prévue, oui. Pour demander que la justice fasse son travail et montrer qu’on est là et qu’on ne lâche pas l’affaire. On donne rendez-vous à tous ceux qui connaissaient Amine ou qui se sentent concernés le 20 avril à 14h à Noisy-le-Sec devant la gare RER.
 
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Cet extrait de Foucault nous renvoie aux parcours de tant d’habitants des quartiers, comme ce fut le cas par exemple d'Amine Bentounsi, franco-marocain de 28 ans, abattu d’une balle dans le dos par un policier le 22 avril 2012 à Noisy-le-Sec (93). Son histoire, c’est celle du plus jeune détenu de France, incarcéré dès l’âge de 13 ans. C’est l’histoire de son petit frère que raconte sa sœur Amal lors du rassemblement de solidarité organisé à Noisy-le-Sec le sec le 12 mai 2012 :
 
« Sa vie c'est la prison, ses amis, ce qu'il a appris c'est en prison. Comment peut-on penser qu'après tant d'années à avoir été broyé par ce système carcéral, qu'on puisse ressortir de là sans séquelles, et qu'en plus de sa peine initiale, on le prive de venir pendant dix ans, dans sa ville natale, la où sa petite fille vit, où sa famille vit. Dans sa réinsertion, seule la famille peut encore jouer un rôle C'est une double peine qu'on lui afflige… Je ne peux m'empêcher de penser à toute cette souffrance qu'il cache au plus profond de lui même, et que seule ses cernes sous ses yeux trahissent de nuits à pas dormir, à penser, pleurer sur lui même, en laissant toujours apparaître que tout va bien, même en étant enfermé[4] ».
Amine Bentounsi était depuis juillet 2010 sous le coup d’un avis de recherche parce qu’il n’a pas voulu réintégrer le centre de détention de Châteaudun après une permission. Cette prison est, selon la rhétorique carcérale, un modèle de modernité et d’humanité. Mais pour celles et ceux qui la connaissent, elle est froide, blanche et perdue en pleine campagne française au milieu de nulle part.
 
Alors, face à l’inversion des rôles qui consiste à faire du pauvre le coupable de tous les maux et le responsable de sa propre misère, il est plus que nécessaire de rappeler que la délinquance, cet « illégalisme » des dominés, nait dans la pauvreté, le désœuvrement et face à l’injustice d’une société hiérarchisée. Les pauvres exercent une résistance légitime; celle du vol,  face à l’exercice du pouvoir que confère la propriété, la naissance, la détention d’un certain savoir et la pratique par la classe dominante d’un racket à plus grande échelle.

 

AMINE BENTOUNSI TUE D'UNE BALLE DANS LE DOS PAR UN POLICIER A NOISY-LE-SEC

http://www.justice-pour-amine-bentounsi.fr/91908877

Le rapport d'enquête consulté par Le Point.fr contredit la version du policier qui a tué Amine Bentounsi.

Selon le rapport d'enquête que Le Point.fr a pu consulter, Amine Bentounsi, 29 ans, en cavale, a été tué "hors situation de légitime défense" par un policier le 21 avril à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) et "d'un tir à distance sans autre lésion de violence, de prise ou de défense". Les constatations médico-légales et l'audition d'un témoin oculaire, Jean-Pierre* S., 53 ans, ont contredit la version du policier selon laquelle il était en état de légitime défense. 

"J'ai vu un homme juste derrière lui (Bentounsi, NDLR), à une dizaine de mètres, qui courait le bras tendu. Il est arrivé de la même direction, sur le même trottoir... Le fuyard avait quelque chose dans la main. À ce moment-là, j'ai entendu une première détonation, suivie d'autres", a déclaré Jean-Pierre S. Si le fuyard était bien porteur d'une arme à feu dont il n'a pas fait usage, une chose est sûre : Amine Bentounsi courait et tournait le dos au policier.

Manifestations

Le gardien de la paix Damien S. qui a tiré à quatre reprises sera retrouvé par ses collègues en pleurs devant le corps inerte. "Le tir est quasi horizontal d'arrière en avant, quasi perpendiculaire à l'axe du corps", selon le rapport du médecin légiste. En garde à vue, Damien S. a reconnu avoir tiré sans sommation. Me Daniel Merchat, son avocat, va faire appel de la mise en examen de son client. La conseil des parents d'Amine Bentounsi, Me Samia Maktouf, se félicite de l'indépendance du magistrat instructeur. "Il a su garder la tête froide, malgré la manipulation de l'opinion publique par les syndicats de police et les hommes politiques."

La mise en examen pour homicide volontaire de Damien S., policier de 33 ans, continue de faire des vagues. Des manifestations des forces de l'ordre sont régulièrement organisées, sur les Champs-Élysées, rue de Rivoli ou encore devant la préfecture de Bobigny. La défiance des syndicats de police à l'égard de la justice a trouvé un écho certain dans la dernière ligne droite de l'élection présidentielle. Une affaire qui devrait être abordée durant le débat de l'entre-deux-tours opposant mercredi soir Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Bien cordialement.

Urgence notre police assassine

"Ce petit frère qu'on assassine" Paix à ton âme!!!